Mon retour à Oujda

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29052009

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Mon retour à Oujda




Voici le récit de mon premier voyage chez moi, je le mettrais en épisodes car très long...


Me voici en salle d’embarquement entourée d’oujdis. Je donne à une dame originaire de Mers el Kébir, les noms des associations promues par Yveline.

J’appelle Didil qui m’avait promis de venir me chercher aux Angads, Samira venant elle-même me chercher, il ne viendra que le lendemain me rejoindre.

Nous embarquons, le vol est rapide, je bavarde un peu avec mes voisins de siège. Le voyage est court et moins de deux heures plus tard, j’aperçois les lumières des villes sur la côte, Melilla, Nador sans doute. Quelques minutes plus tard, ce sont les lumières d’Oujda, l’appareil perd de son altitude, descend vers les Angads et se pose sur la piste.

J’y suis…l’apparence de l’aéroport a très peu changé. La dernière fois que je l’ai vu, le 29 décembre 1959, j’ignorais alors que je ne reviendrai que le 9 octobre 2007.

Le contrôle de police est interminable, je bavarde avec des jeunes filles impatientes comme moi de pouvoir enfin être à l’extérieur.

Je récupère très vite mon bagage et me dirige vers la sortie en jetant un bref coup d’œil sur les personnes venues chercher amis ou famille.

Un couple est là, la femme me fait un petit igne amical, c’est Samira, accompagnée de son époux, on s’embrasse, on s’avoue notre joie de nous voir enfin, depuis tout ce temps que nous communiquons sur l’internet. Nous nous dirigeons vers l’aire de stationnement, lorsqu’un homme s’adresse à moi en me demandant « vous êtes Maryse ? », surprise je réponds « oui », c’est Badr qui est venu m’attendre aussi et qui insiste pur me conduire dans sa nouvelle voiture. Il est accompagné de son jeune fils, Samira et son époux nous suivent.

La route entre les Angads et Oujda est passée d’une petite route bordée d’arbres et de haies, à une deux fois deux voies, le terre plain central est végétalisé, la route est éclairée. Je ne reconnais pas l’entrée d’Oujda, beaucoup de chantiers immobiliers en cours. Je reconnais l’école Berthelot, le village des Mottes, le village Koulouche, l’Eglise Saint Antoine, l’ancien cimetière, le mur de clôture des maisons des cheminots et nous arrivons sur la place de la gare. Les palmiers sont trois fois plous hauts que dans mon souvenir et cachent le haut du bâtiment de la gare. L’hôtel Terminus est en travaux, racheté par la RAM. Il est tard, mais les rues sont animées et certaines boutiques encore ouvertes pour cause de ramadan.

Demain j’ai rendez-vous avec Didil, je vais commencer mon périple dans les endroits chers à mon cœur.
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maryse
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Mon retour à Oujda :: Commentaires

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Message le Ven 29 Mai - 12:33 par maryse

10 octobre 2007



J’ai super bien dormi, réveillée à 5 heures par un sms sur le téléphone…pas discret…J’avais tiré un peu le rideau la veille pour me réveiller avec le jour, impossible de me rendormir, j’ai donc un peu flemmardé au lit en attendant que les lumières du jour éclairent la chambre. La fenêtre de celle-ci donne sur le jardin et la piscine de l’hôtel où des centaines de pigeons viennent faire leur toilette matinale.

Toutes proches les voies de chemin de fer, les bâtiments de la petite vitesse comme on les nommait autrefois. Au-delà des voies, un pont métallique, je vois un mur que me semble être celui de l’enceinte du cimetière avec des hauts cyprès noirs et encore au-delà, des maisons blanches, basses et un grand minaret rose qui domine au travers des arbres.

Après un bref petit déjeuner, je sors et me dirige vers la gare, elle a subi des transformations, certes, mais c’est pour moi, toujours la même. La place me parait plus vaste, l’hôtel Terminus est en complète rénovation et l’hôtel Lutetia assez délabré, le garage qui venait en bout du bâtiment est entièrement ruiné.

Je me dirige vers le boulevard Poeymirau et vers la maison où je suis née. Les trottoirs ont dû être pavés, mais le temps les a pas mal endommagés. Je reconnais quelques maisons cossues qui existaient « à mon époque », les villas des cheminots ont perdu de leurs éclats, non entretenues, le temps a fait son œuvre.



Me voici devant ma maison, Gigi et William m’avaient envoyé des photos en mai 2006, je les remercie encore. Je ne ressens rien de particulier, pas d’émotion, il faut dire que mon départ a été attristé par le décès du fils de mes meilleurs amis de la Réunion, il avait 31 ans et père de trois jeunes enfants. Ce qui fait que depuis le jour où je suis partie, mon esprit est auprès de mes amis alors que mon corps est où je suis née et je suis effondrée de ne pouvoir être près d’eux à un moment où ils ont besoin de soutien.



Je continue mon parcours vers le pont de l’Oued Nachef.



Au bout de la rue, le dernier immeuble des cheminots a été détruit et a laissé place à un immense terrain de terre rouge et de gravats. De l’autre côté de la rue, la pompe à essence où nous allions chercher le pétrole pour les réchauds.



Le pont : dans ma mémoire, ce pont était beaucoup plus haut et important. Actuellement, un chantier de construction d’un nouveau pont semble être en cours de réalisation car il y a dans le lit de l’oued, deux piles en béton.

Un monde fou circule dans tous les sens. A l’endroit où la route menait vers Taza, Casablanca, Figuig, Jerrada, un immense carrefour. Je ne vais pas plus loin et fais demi tour. Je retourne sur mes pas et je prends la rue face à ma maison. Je reconnais certaines maisons, celle de la famille Peralez à l’angle d’une rue a toujours sa façade rose. J’arrive au carrefour où se situe un poste à essence qui existait également, la pharmacie est là, par contre, du côté où se situait l’épicerie Azoulay, de nombreux bâtiments ont été édifiés ainsi qu’à l’angle de la rue qui allait vers la clinique Panis.

J’hésite à prendre une des rues qui longe la pompe à essence et opte pour aller vers la 2e, pourtant il me semble qu’il ne s’agit pas de celle que j’empruntais pour me rendre à l’école. Je marche le long des trottoirs complètement défoncés et pas du tout entretenus mais propres. Je reconnais des bâtiments comme étant ceux du lycée de garçons, mais vus sur l’aile gauche lorsqu’on se place face à l’établissement. Arrivée au carrefour, je prends à gauche et je suis effectivement devant le lycée Abdel Aziz. Portail fermé et garde de sécurité à l’entrée, c’est le début des cours.

Je poursuis et me retrouve sur la rue que j’avais hésité à prendre, je reconnais aussi des maisons, les murs d’enceinte, pourtant la physionomie des lieux a énormément changé et beaucoup d’immeubles ont été construits, les trottoirs présentent des inégalités très instables.

Je rejoins la rue de l’aviateur coli et puis l’ex boulevard Poeymirau.
Je retrouve Didil à l’hôtel. Nous restons un grand moment assis à bavarder dans le grand salon, puis il m’emmène faire un grand tour dans les rues d’Oujda, la Poste, le nouveau tribunal, le cinéma Paris. Au fur et à mesure, je retrouve mes repères.

Après Didil, c’est au tour de Badr de me prendre en charge.

Nous nous rendons chez un imminent musicien, monsieur Chaabane qui me fait écouter de la musique Gharnatie, ainsi que des arrangements musicaux qui sont son œuvre. Il m’offre un CD qui se nomme « la Légende de Gaucelm » qui est une merveilleuse musique qui mérite d’être connue pas seulement des initiés. Thé à la menthe et gâteaux maison, j’ai honte, pour eux c’est Ramadan, il fait très chaud mais l’heure de rompre le jeune n’est pas encore venue.

Nous partons pour la Médina visiter la fondation Moulay Slimane dont Badr est le trésorier. Le siège se situe dans une magnifique demeure datant de 1917, superbement restaurée par des artisans, dans l’esprit même de la maison oujdi. Le travail réalisé est considérable.

La bibliothèque ne comprend que des œuvres issues de dons, les postes de lecture sont nombreux mais la consultation des œuvres n’est pas ouverte au public, seules les étudiants de la faculté ont le privilège de fréquenter cet endroit.

D’immenses salles ont été créées avec pour projet d’accueillir des expositions. Des salles informatiques permettent des connections internet

Mais tout ce travail n’est réalisé qu’avec la fougue des bénévoles, aucune participation de fonds publics n’est faite et le projet pharaonique n’aboutit pas comme l’aurait souhaité son concepteur.

Un petit tour dans la rue de Marrakech grouillante de monde où Badr veut absolument m’acheter un zlabia. En fait de zlabia, il me charge de plusieurs espèces de gâteaux au miel bien caloriques, deux kesras (il parait qu’il ne faut plus appeler ainsi les pains plats à la semoule….)et des messemens recouverts de tomates et d’oignons (délicieux).

Nous allons ensuite jusqu’à la frontière d’Algérie, là je veux absolument prendre une photo de la pancarte « jouge brel » mais Badr me fait remarquer que les prises de photos sont interdites, peu importe, je ne vois pas qui pourrait m’empêcher, sauf que je n’ai pas vu le policier assis tranquillement sous un arbre derrière le grillage. Badr me le fait remarquer, je ne veux pas qu’il est d’ennuis, nous faisons donc demi tour pour nous rendre tout près de l’endroit où court l’Oued Isly, là même où s’est tenue la célèbre bataille du même nom.

Dans le lointain, les montagnes se dressent, rose et bleu sur le ciel clair, un léger vent agite les épineux, nous restons là un moment à écouter le vent dans les oliviers.

Je rentre à l’hôtel, Samira m’attend déjà, ce soir je dîne chez elle. La sirène annonce la fin du jeûne pour aujourd’hui. Nous nous installons sur des sofas autour d’une table chargée de mets appétissants, de la harira, du lait à la banane, du sucré, du salé enfin, que de bonnes choses.
Je ne rentre pas très tard, demain, je rencontre Ben Ali de l’association les enfants de Zellidja, Samira doit m’emmener dans la médina et Didil me prie de dîner chez lui. Je vais m’acheter une grande djellabah car je ne vais plus rentrer dans mes jeans

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Message le Ven 29 Mai - 13:28 par waz

Tu racontes merveilleusement bien maryse


Tu m'as emmené avec toi à Oujda et j'ai vraiment hâte de connaître la suite ....







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Message le Ven 29 Mai - 14:10 par maryse

11 octobre 2007



A priori le jeûne doit se terminer aujourd’hui, la lune le dira….. ou alors demain.

Est-ce l’effet Ramadan ? la nuit, la ville est prise d’assaut par les gens qui déambulent, jeunes et moins jeunes, les terrasses des cafés sont pleines et les magasins ouverts tard dans la nuit, il faut dire que le matin l’heure d’ouverture est plutôt tardive.

Sadequi vient me chercher à l’hôtel, j’ai la surprise et le grand plaisir de constater que Pilou l’accompagne, Pilou je l’avais rencontré à Paris en compagnie d’Aziz et de Rachid en janvier de cette année.

Nous nous dirigeons vers le centre ville, arrêt à l’ancienne école israélite où un nouvel ami nous rejoint : Zegrari, embrassades, bavardages et nous reprenons la route direction le pont de l’Oued Nachef. A gauche un peu après le pont, les terrains de rugby où notre ami Pierre s’est entraîné et a roulé sur la pelouse, je suis sûre que celle-ci s’en souvient…à peine plus loin la gare routière, le champ de foire où viennent s’installer les cirques de passage à Oujda. Ce côté de la ville s’est développé de manière tentaculaire. Là où il n’y avait que des champs incultes avec quelques maisons de pisé, des groupes d’immeubles et de maisons individuelles s’étendent à perte de vue

Il est à regretter que l’urbanisation soit quelque peu anarchique et qu’il n’y ait pas d’unité architecturale, ce qui provoque des incohérences en matière de hauteur de bâtiments, de couleurs etc.

Nous poursuivons en prenant la route qui mène à Boubeker et Zellidja.

Sadequi m’emmène à l’école du village. Les enfants sont dans la cour et sont surpris par l’intrusion de ces personnes qu’ils n’ont pas l’habitude de voir.

Nous sommes conduits dans un bureau, plusieurs personnes viennent, me saluent, me souhaitent la bienvenue et bavardent entre elles. La médiocrité de mon arabe ne me permet pas de suivre les conversations. Lorsqu’il peut le faire, Sadequi me donne la traduction.

Au bout d’environ trois quarts d’heure on nous demande de nous rendre dans une autre pièce. Les enfants de l’école sont regroupés dans une partie de la salle, un petit garçon est assis sur une chaise en hauteur et une petite fille est installée à proximité.

Au fur et à mesure, la petite fille nomme des personnalités présentes et chacune d’entre elles y va de son petit discours.

La petite fille récite un texte, c’est ensuite le tour du petit garçon.

Les enfants entonnent ensuite l’hymne national marocain. Puis c’est la distribution des cadeaux à laquelle je dois participer en inaugurant la première remise de cadeau à un tout petit garçon de CP tout intimidé de recevoir des mains de cette femme blonde qui est la cible de tous les regards depuis son arrivée dans l’école.

Plusieurs bises plus tard, c’est la photo souvenir et un des participants récite des versets du Coran. Nous nous quittons pour nous rendre au siège de l’association qui se situe à quelques mètres de là.

Entre temps, nous avons fait une halte chez un parent de Sadequi, qui s’inquiétait que je n’ai pas déjeuné. Cela m’importait peu, mais Sadequi m’invite à rentrer dans cette maison où une jeune femme m’accueille en m’embrassant et en m’apportant de la harira, de la kesra, des zlabias. Elle s’installe avec moi pour confectionner des gâteaux pour le repas du soir, lorsque l‘heure de rompre le jeune sera venu.

J’apprends que dans cette maison vivait la famille de notre ami Francisco. Francisco !!! j’ai pris des photos pour toi !!!

Je vais un peu plus loin où se situe l’ancienne maison de notre ami Zegrari et Zegrari m’indique que derrière le mur mitoyen de sa maison se trouvait la première maison des Mariscal, cependant celle-ci a subi de profondes modifications par l’ajout d’un étage et d’un escalier extérieur.



Retour vers Oujda en milieu d’après-midi.



Didil vient me chercher en fin d’après-midi, ballade sur la route qui conduit à la frontière algérienne puis nous allons chez lui partager le repas avec Samira, son épouse, je fais la connaissance de ses deux adorables bambins. Un oujdi « canadien » nous rejoint plus tard, il vit à Vancouver, très agréable soirée à philosopher avec Didil sur d’innombrables sujets.



Samira du forum doit venir m’embrasser dans un instant pour me dire au revoir, car elle va passer les fêtes de l’Aïd avec Samia à Essaouira.



Demain je passe une partie de la journée avec Badr pour continuer ma visite d’Oujda et jouer à la photographe….

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Message le Ven 29 Mai - 15:34 par waz

Il me plaît BEAUCOUP ton récit maryse


Par contre, je ne vais plus intervenir sur ce post avant que tu ai terminé de raconter, par
respect pour les personnes qui vont aussi lire comme moi et à qui je le comprend, il peut ne
pas être agréable que ton histoire soit entrecoupée de mes commentaires ( un peu comme
les pubs pendant un film à la TV
)










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Message le Ven 29 Mai - 17:16 par yousef

Quelle sagesse.

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Message le Ven 29 Mai - 20:51 par maryse

12 octobre 2007



Ce matin, rien de prévu avec les amis, mais surtout j’ai oublié l’heure à laquelle Badr doit venir me chercher. Je pars donc direction le cimetière, il me paraissait être très loin et en fait ce n’est pas le cas.



Il ressemble à tous les endroits de ce type, sauf que les tombes ne sont pas fleuries. L’herbe rare est sèche et deux chiens circulent autour et sur les tombes.

Le gardien est un homme d’une extrême gentillesse à la mémoire impressionnante.



De l’autre côté de la rue l’école Berthelot.



Je me dirige ensuite vers le centre de la ville et là dans le croisement des avenues, se dressent les deux tours de l’Eglise Saint Louis d’Anjou. Un jardin public a été créé à proximité et une grande place est en cours de pavage. L’ancienne institution Sainte Jeanne d’Arc fait le lien entre l’Eglise et une Mosquée qui a été édifiée à l’angle de la rue. Je passe devant l’Eglisen jardU et prend la rue qui la contourne pour me retrouver à l’arrière de l’institution, je suis passée devant le « Foyer » sans vraiment le remarquer, il faut dire que devant son portail marron un gros tas de sable indique que des travaux sont en cours ou vont être entrepris. Arrivée devant l’ex institution sainte Jeanne d’Arc, actuellement Pierre et Marie Curie, je pénètre par l’entrée principale puis vais vers le jardin. A droite un grand escalier a été créé qui va vers les anciens dortoirs de l’internat, la coursive qui lui fait face et qui desservait les classes n’a pas changé, à part un peu de rouille…la grotte de Lourdes a disparu et la chapelle a sa porte vitrée obturée par des plaques d’iso. L’herbe est haute mais bien taillée et de nombreux arbres ont été plantés. Je ne peux prendre que deux photos extérieures car la sécurité m’appelle et m’introduit dans le bureau du responsable, monsieur Oulia, ce dernier m’indique que le délégué à l’enseignement responsable de l’université est seul habilité à m’autoriser à prendre des prises de vue des classes.

Nous bavardons, il me dit qu’il est originaire de Jerrada, que le premier relevé cadastral dont il a eu besoin a été fait par le géomètre des mines de Jerrada. Il me dit aussi que c’est lui qui a pris en main la mission française de Jerrada lorsque les français ont quitté les lieux.

Je retourne à l’Eglise, au presbytère, en insistant un peu, je suis introduite dans les jardins et je vais à l’intérieur. Le père Lépine est absent, l’intérieur de l’Eglise est clair, propre et il est indiqué que les messes ont lieu les samedi et dimanche. Je laisse des traces de mon passage sur le livre d’or comme me l’a conseillé Marc.

Ensuite mes pas me conduisent à la pâtisserie Colombo, les parfums ne sont plus là, les vitrines plus clairsemées ne renferment que des sujets en plastique qui contiennent des petits bonbons pour les enfants. Je me renseigne pour savoir si le pâtissier confectionne toujours ces délicieuses meringues dont je me délectais dans mon enfance, la réponse est NON….Je reviendrais plus tard avec Badr pour un mille feuilles, en fait j’en trouverais quatre dans la boîte, plus deux kilos de mandarines de Berkane…. Au secours !!!!



Badr arrive en début d’après-midi, nous allons visiter la maison de l’artisanat qui regroupe les artisans oujdis qui travaillent l’artisanat typique oujdi. De vrais artistes qui ont des doigts d’or desquels sortent des splendeurs, travail du bois, création d’instruments de musique, couture, mosaïque, peinture, orfèvrerie, décoration. Le bâtiment est de pure architecture oujdis et témoigne de l’art des artisans du lieu.



Dans Oujda même, à proximité de l’ancienne médina, la porte des têtes et le rempart ont subi une réhabilitation. Un jardin datant de 1930 a été réaménagé et court le long du rempart, il porte actuellement le nom de Lalla Meryem. Un kiosque à musique trône au beau milieu et un théâtre de verdure a été introduit entre les massifs et les allées fleuries.

En face du jardin une immense demeure où se succèdent d’immenses salles aux plafonds démesurés et finement travaillés, des colonnades mosaïquées, des salons, il s’agit de Dar Sebti.

Une journée s’achève, une nouvelle nuit commence rythmée par le son de la sirène qui sonne la fin du jeûne, demain ce sera la fête… peut-être…..

13 octobre 2007



Et oui, aujourd’hui c’est l’Aïd Sghir, dans la nuit la sirène sonnant la fin du Ramadan a retenti par deux fois, j’ai compris que la vision de la lune a été positive.

La ville est calme, les magasins fermés.

Sadequi vient me chercher pour que je passe la journée chez lui.





14 octobre 2007



Ce matin, après petit déjeuner, séance photos encore….impossible de trouver la rue Ampère (Jean-Claude, maintenant où j’écris je sais, grâce à toi, merci) dans le village des Mottes, j’avais promis avant mon départ à Alain E. de prendre des photos pour lui…Nous allons même sur l’internet pour tenter de trouver un ancien plan d’Oujda sans succès, au bout de trois quart d’heure nous abandonnons cette volonté de ramener une photo de cette rue. Nous allons alors vers le camp Roze, le quartier est vaste aussi, les murs de pisé sont par endroits effondrés ainsi que les murs de certains bâtiments qui sont restés sans entretien ; sans précision exacte, je prends trois photos pour celle qui m’a demandé d’aller à cet endroit et qui se reconnaîtra, ensuite rue de Melilla, l’hôpital Lousteau, le collège de jeunes filles etc.

L’après-midi, retour dans le centre ville noir de monde. C’est dimanche, les gens ne travaillent pas et c’est l’Aïd.

Les terrasses des cafés regorgent de monde, que des hommes, où sont les femmes ? pas dans les cafés sur les grandes avenues. J’arrête deux jeunes filles pour leur demander les raisons de l’absence des femmes sur les terrasses des cafés, elles ne savent que répondre et m’indiquent qu’il existe des cafés mixtes, on bavarde un moment puis elles m’entraînent dans une rue derrière le bâtiment des anciens services municipaux (en travaux), pour aller boire un café ensemble. Il ne s’agit pas d’un café proprement dit mais plutôt d’une pâtisserie qui fait salon de thé, en effet dans cet endroit c’est mixte mais il n’y a pas de terrasse donnant sur l’extérieur.



Dans la rue un marchand de brochettes propose ses sandwichs, des photographes invitent les passants à installer leurs enfants sur un décor fleuri, au milieu d’animaux de la jungle africaine, sur des chevaux recouverts de brocard, pour des photos souvenirs.

La circulation automobile est dense, ici il faut slalomer entre les voitures et les deux roues motorisés, avec prudence, les conducteurs n’étant pas habitués à laisser traverser les piétons.



Je fais connaissance avec la famille de Badr qui m’accueille dans la maison de son grand-père.

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Message le Ven 29 Mai - 20:53 par maryse

15 octobre 2007



Aujourd’hui, direction Saïdia.

On ne commence à remarquer les transformations qu’aux abords immédiats de la « ville ».

N’étant pas une fidèle adepte de cette station balnéaire, ce qui me choque le plus, ce sont les pavillons non entretenus et les murs en état de délabrement avancé. De grandes zones de gravas des bâtiments démolis récemment s’étalent sur le front de mer.

Le paysage vers la Méditerranée est magnifique, il n’en est pas de même lorsqu’on lui tourne le dos. La place Mispoulet qui a vu bien des bals et des flirts d’adolescents a été complètement refaites et dallée, tout le long de la plage une promenade est en cours de finition avec ses palmiers et ses parterres de fleurs.

Nous partons vers Cap de l’Eau, de nouvelles routes sont en cours de travaux, des quatre voies pour la plupart, dans la zone qui devait il n’y a pas si longtemps être totalement vierge, se dressent une multitude de bâtiments accolés les uns aux autres, aucune végétation, que du sable et un soleil implacable. La plage est assez éloignée, si on s’en rapproche, un peu ce sont de nouveaux types de bâtiments avec pour certains des couleurs médiocres non adaptées au paysage environnant, dommage…

Bien que certains bâtiments semblent être terminés, aucun n’est occupé, les travaux sont réalisés par tranches et aucune n’est entièrement achevée. La végétalisation interviendra plus tard et on peut supposer qu’elle apportera une note de fraîcheur dans ces espaces et un visage plus accueillant aux vacanciers.

Le village de Cap de l’Eau semble avoir conservé son visage d’antan, seuls quelques immeubles ont été construits de manière anarchique.

Vu de la falaise, le port est paisible avec ses bateaux de pêche, ses petites barques bleu et ses rares bateaux de plaisance.

Un poste militaire est là qui fait face aux trois îles, le soleil est chaud, les vagues viennent inlassablement frôler le sable rose de leur blanche écume. Un léger vent agite les quelques touffes qui poussent sur la falaise, les mouettes s’amusent dans le ciel et poussent des cris retentissants.

Nous repartons dans la poussière du chemin, en direction de Berkane et du Zegzel.

La route est étroite et la prudence exigée. Elle sera sans aucun doute élargie car les bas côtés sont en cours d’empierrement.

Le paysage change au fil des kilomètres, camaïeu de rouge et de vert dans cet environnement où la nature est restée intacte. La route nous rapproche des montagnes que nous suivons de près, les falaises se dressent toutes proches, des éboulis s’étalent ça et là tout le long du parcours.

Nous entamons la route qui traverse le Zegzel avec ses rochers si reconnaissables qui dominent les montagnes arides alors qu’à leurs pieds la végétation est présente partout.

Un péage au détour de la route, juste une petite chaîne métallique 2 dhr le passage pour atteindre un lieu de pique-nique, nous faisons demi-tour pour prendre la route de Taforalt. Les pins sont verts et très nombreux, une forêt magnifique nous environne et nous fait cortège jusqu’à l’orée du village. Un lotissement, ou plutôt un groupe d’habitations a été construit, le coût élevé du mètre carré n’a pas permis la commercialisation.

Didil commence à avoir faim, tous les restaurants de Cap de l’Eau étaient fermés. Il faut dire que l’Aïd Seghir date de deux jours et tout le monde a fait la fête. Nous arrivons bientôt dans une petite bourgade, Sidi Afnir, tout le long de la route principale, des estaminets devant lesquels sont suspendus des moutons entiers, là des barbecues sont remplis de braises et proposent brochettes et keftas, salades marocaines, kesras, zitounes et thé à la menthe, un régal….

Retour à Oujda pour ma dernière nuit, demain matin ballade rue El Mazouzi et dans le souk que je trouve changé. Je n’ai pas retrouvé tous les parfums de mon enfance, ces odeurs de cuir, de pain chaud et d’épices. Les échoppes ont changé, elles proposent au lieu des tissus traditionnels pour la confection des robes, des parures toutes faites, caftans, djellabahs, gandouras, blousas, mais aussi vêtements de cuir, des nappes en satin le tout made in china.

A l’extérieur des portes, les marchands de légumes, de fruits, d’épices, de pain, une foule bigarrée déambule en tout sens évitant les véhicules et les taxis qui circulent de manière désordonnée.

Ce soir je serais dans le vol qui me ramènera en France.



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